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Prospective

Tout comprendre sur la smart city

Publié le 11 février 2021

La smart city, c'est un peu comme le cloud il y a dix ans : tout le monde en parle, tout le monde en veut, et personne ne met exactement la même chose derrière. Alors avant de s'enflammer (ou de s'inquiéter), revenons aux bases.

Tout comprendre sur la smart city

C'est quoi ?

Une smart city utilise les technologies de l'information et de la communication pour fournir des services et résoudre des problèmes. Trois objectifs reviennent tout le temps : réduire les déchets et les désagréments du quotidien, améliorer la qualité de vie, et maximiser l'inclusion sociale.

Le contexte est connu : selon l'ONU, 55 % de la population mondiale vit en ville, et ce sera 68 % en 2050. Concevoir un environnement qui offre une vie meilleure à ses habitants n'est plus une option.

Comment ça fonctionne ?

Une boucle en quatre temps :

  1. collecter les données (capteurs, caméras, objets connectés, applis) ;
  2. les analyser ;
  3. communiquer des informations utiles aux décideurs ;
  4. créer des solutions, qui génèrent à leur tour de nouvelles données.

Les applications intelligentes permettent ensuite de mieux exploiter les structures et les infrastructures existantes, et de réaliser des économies, pour la collectivité comme pour les citoyens.

Côté technologies, on retrouve un réseau d'information et de communication (5G, fibre), des objets connectés et des capteurs, puis toute la chaîne de stockage, de sécurisation et de traitement : big data, intelligence artificielle, blockchain.

Les 6 piliers

La ville intelligente touche à tout : gouvernance, mobilité, citoyens, mode de vie, environnement et économie. Quelques exemples concrets :

  • avec l'IoT : fluidifier le trafic, gérer le stationnement, optimiser les dépenses énergétiques (l'éclairage public qui baisse quand la rue est vide, par exemple) ;
  • dans le bâtiment : garantir la sécurité des habitants, surveiller les infrastructures, détecter les signes d'usure et prévenir les responsables avant que ça casse ;
  • pour l'environnement : analyser la qualité de l'air, surveiller en temps réel les réseaux d'eau et d'énergie (une fuite détectée tout de suite, c'est de l'eau économisée), assurer une gestion intelligente des déchets.

En France, Dijon fait figure de pionnière. Depuis 2019, la métropole pilote depuis un poste unique les feux, l'éclairage et la vidéoprotection de ses 23 communes, pour un contrat de 105 millions d'euros.

Les freins

C'est la partie de la planche que je trouve la plus importante.

Le respect de la vie privée. Une ville qui sait tout de ses habitants, c'est une ville qui peut tout surveiller. La frontière entre le capteur qui compte les vélos et la caméra qui reconnaît les visages est mince. L'exemple qui fait réfléchir : en mai 2020, Sidewalk Labs, la filiale urbaine de Google, a abandonné son projet de quartier ultra-connecté à Toronto. Officiellement à cause de la crise, mais après deux ans de polémique sur l'usage des données personnelles.

La cybersécurité. Plus il y a d'infrastructures connectées, plus il y a de portes d'entrée pour les pirates. Imaginez des feux de circulation ou un réseau d'eau pris en otage par un rançongiciel.

La sobriété numérique. Des millions de capteurs, des data centers, des réseaux : la ville intelligente a aussi une empreinte. Il faut s'assurer qu'elle économise plus d'énergie qu'elle n'en consomme.

Mon avis : une smart city vaut ce que vaut sa gouvernance des données. Qui collecte ? Qui décide ? Qui contrôle ? Les citoyens ont-ils leur mot à dire ? La technologie est prête depuis un moment. La confiance, elle, se construit.

Et aujourd'hui ? (2026)

On parle moins de « smart city » et davantage de ville sobre et résiliente. La technologie est restée, mais au service de l'adaptation au climat. Les jumeaux numériques urbains (comme celui de Rennes, qui simule le vent, la lumière et la chaleur) aident à concevoir des quartiers plus vivables. Les projets démesurés, eux, ont pris l'eau : en Arabie saoudite, The Line, la ville linéaire de 170 km, a été drastiquement réduite puis suspendue en 2026. La ville intelligente du futur ressemble moins à un film de science-fiction qu'à une ville bien gérée.

Sketchnote réalisé pour #EnjoyDigitAll by BNP Paribas.

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